L'hypnotiseur / Lars Kepler / Actes Sud, 2010

Traduction Hege Roel-Rousson et Pascale Rosier

 

L'hypnotiseur

Lars Kepler

C'est un couple d'écrivains, mariés à la ville. Ils ont publié plusieurs ouvrages séparément, puis L'hypnotiseur publié en 2009 est leur premier roman commun, suivi par Le pacte en 2010.

 

Intro de l'éditeur

Erik Maria Bark, un psychiatre spécialisé dans le traitement des chocs et traumas aigus a longtemps été l'un des rares véritables experts de l'hypnose médicale. Jusqu'au jour où une séance d'hypnose profonde a mal, très mal tourné.

Sa vie a frôlé l'abîme et depuis il a promis de ne plus jamais hypnotiser. Dix années durant, il a tenu sa promesse.

Jusqu'à cette nuit où l'inspecteur Joona Linna le réveille. Il a besoin de son aide. Josef, un adolescent, vient d'assister au massacre de sa famille. Sa mère et sa petite soeur ont été poignardées, mutilées et dépecées sous ses yeux. Le corps lardé de centaines de coups de couteau, Josef vient d'être hospitalisé, inconscient et en état de choc.

Mais il est le seul témoin du carnage et Joona Linna, pris dans une course contre la montre, veut l'interroger sans tarder. Car tout indique que l'assassin est maintenant aux trousses de la soeur ainée de Josef, mystérieusement disparue. Et pour lui, il n'y a qu'une façon d'obtenir un quelconque indice de l'identité du meurtrier: hypnotiser Josef.

 

Ce que j'en pense

Attiré par la collection "Actes Noirs", et par la consonnance nordique du pseudo de l'auteur, un peu aussi suite à des lectures précédentes, comme la trilogie Millenium ou la série de Camilla Lackberg, je m'attendais à retrouver un texte haletant, épicé de détails assez crus, et sur ce plan j'ai été servi.

 Malgré le volume du livre, 600 pages, quelques explications superflues et schématiques, on est vite pris, plus question de lâcher ce bouquin. Plusieurs hypothèses se présentent, et même si les personnages ne sont pas très fouillés, on se rend compte que chacun a de sérieux problèmes. Si aucun n'est vraiment sympathique, on a le temps de s'attacher, et puis il y a la disparition de cette jeune fille, puis d'un autre enfant, que vont-ils devenir ?

Quelques ruptures de ton, sans doute le travail à deux, on est surpris par exemple de voir le récit donner la vedette au psychiatre, qui prend de plus en plus de place. Pourtant celui-là fait tellement de bêtises qu'il paraît chercher les ennuis. L'hypnose vue par les auteurs est vraiment bien étrange: ceux qui la pratiquent sont-ils fréquentables ? ou d'infâmes manipulateurs ? Et puis il semble y avoir tellement d'incompétents, d'indifférents, de tire-au-flanc, chez les forces de l'ordre et les soignants.

J'ai pourtant vite été lassé par cette surenchère gratuite dans l'horreur, la violence, la noirceur d'âme des personnages. La description en est lointaine, comme si les auteurs se disaient "il n'y en a aucun pour racheter l'autre"... elle est aussi caricaturale. Certes, l'image du psychiatre dans le public se situe entre le clown et le sorcier, certes l'hypnose est un domaine particulier, mais tenter des explorations aussi délicates et profondes sur un groupe comportant des individus aussi dangereux serait vraiment irresponsable.

Au final, c'est une déception, et je ne suis pas sûr de céder aux sirènes de leur prochain roman. Voilà un ouvrage correctement écrit, il y a une bonne technique d'écriture mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable.