Planète à gogos / F Pohl C M Kornbluth / Denoël / 1952-1970 (The space merchants)

Frederik Pohl

est un auteur et éditeur Américain de Science Fiction, l'un des plus importants de la période classique, l'un des plus anciens aussi ! Né en novembre 1919 dans le quartier de Brooklyn à New York, il vit actuellement dans la banlieue de Chicago.

Ami d'Isaac Asimov depuis le collège, il doit arrêter ses études à 14 ans. Il fonde avec Asimov le groupe des Futurians où il rencontre de nombreux auteurs, dont sa première femme.

Mobilisé, il est envoyé en Europe et en revient avec une blessure. Adhérent au PC, il en est exclu à cause de l'influence subversive de la Science Fiction sur la jeunesse... En parallèle à son activité littéraire, il est un des principaux agents littéraires, et fonde à la fin des années 50 les revues Galaxy et If, de renommée mondiale. Recevant de nombreuses distinctions, il est le seul à avoir reçu le prix Hugo à la fois comme auteur et comme éditeur de Science Fiction.

Cyril M. Kornbluth

Né le 23 juillet 1923 à New York, décédé prématurément en mars 1958 d'un infarctus, il est lui aussi un auteur majeur de la SF américaine, et extrêmement prolifique. Il fut l'un des proches amis de Frederik Pohl.

Planète à gogos

Plan_te___gogosRésumé :

Il y a beau temps que la Terre n'est plus gouvernée par les politiciens mais par les publicitaires. A coup d'annonces directes sur la rétine ou de pin-up en trois dimensions qui vous susurrent des slogans à l'oreille. Et qu'importe si notre planète est polluée jusqu'à l'os! La nature nous aurait-elle donné l'intelligence de synthétiser l'acide ascorbique si elle tenait à nous voir manger des fruits frais?....

Commentaire

C'est l'ouvrage le plus célèbre de ces deux auteurs, et l'un des ouvrages majeurs de la Science Fiction, au même rang que "1984", de Georges Orwell "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury, ou "Les robots" de Isaac Asimov.

Publié pour la première fois en feuilleton en 1952 dans Galaxy puis en 1953 comme roman complet, le texte a peu vieilli, on peut seulement lui reprocher le manque d'épaisseur des personnages et l'intrigue un peu simpliste. Il s'agit par contre d'une critique extrêmement acérée de la société américaine et de ses pratiques commerciales dans ce qu'elles ont de plus inquiétant.

La description est tellement précise qu'elle pourrait être contemporaine. Voir le monde dominé par les multinationales était sans doute assez hardi à l'époque mais n'étonne plus personne aujourd'hui.

Ici, les publicistes font la loi. Le personnage du président des Etats-Unis, vers la fin, petit bonhomme effacé à peine toléré à l'assemblée lors des débats, est surprenant, mais finalement pas si insignifiant.

Les slogans de ces publicistes de cauchemar nous sont curieusement familier, et pour cause: "L'ingéniosité de l'homme trouvera une solution" par exemple, n'est ce pas ce qu'on nous répète "ad nauseam" depuis des années?

Plus loin, le "surcafé" contenant un alcaloïde provoquant une addiction, est-il vraiment une fiction échevelée? Le conditionnement des consommateurs ahuris maintenu dans leur état par une élite, est-ce vraiment une vue de l'esprit?

Bref, une lecture salutaire, avec ce qu'il faut de critique subversive, à recommander sans réserves, même si le personnage de Mitchell Courtenay, le héros, est un peu décevant. Il est manipulé et mené par le bout du nez par sa compagne, mais est-ce vraiment surprenant?

Lu dans le cadre du défi Science Fiction:Defi_SF