Comme  un père / Laurence Tardieu / Points

Laurence Tardieu

C'est le premier livre d'une jeune auteure de talent: Laurence Tardieu est née en 1972 à Marseille.

Elle a publié quatre romans : Comme un père (2002), Le Jugement de Léa (2004, prix du roman des libraires Leclerc), Puisque rien ne dure (2006, prix Alain-Fournier, prix Prince Maurice du roman d’amour), Rêve d'amour (2008). Elle est aussi comédienne.

Comme1pereRésumé:

Louise, vingt-cinq ans, perd sa mère et retrouve son père. Emprisonné depuis vingt ans, celui-ci demande l'hospitalité à sa fille avant de commencer une nouvelle vie.

Pendant cinq jours, père et fille vont tenter de vivre ensemble, et Louise découvre cette partie d'elle-même qu'elle a toujours niée.

Ce brusque retour du passé est le prix à payer pour aller de l'avant.   


Ce que j'en pense:

Livre court et dérangeant, on y évoque des thèmes difficiles, un décès, la prison, le manque.

Le style me pose problème, on passe d'un angle à l'autre, l'héroïne est soit "Louise" soit "Elle", c'est assez étrange.

il y a des digressions, des contradictions.

Cette froideur extrême, cette hostilité vis à vis de François est un peu choquante, surtout sans explications. Le lecteur en est réduit aux hypothèses, il est grand, il peut se débrouiller tout seul et il n'a pas besoin de tout savoir. François, son père, a fait vingt ans de prison, c'est peut-être pour cela, ou parce qu'il débarque à l'improviste, ou simplement à cause de son absence ...

J'ai détesté les 80 premières pages, sur 110 au total, ensuite ça s'arrange, la glace est brisée, mais il ne reste plus beaucoup de temps à Louise et François pour mieux se connaître, ni au lecteur.

C'est assez frustrant cette fin abrupte, tant de questions restent en suspens, dommage.

J'ai eu un peu de mal à poursuivre mais ça en valait la peine. C'est un de ces livres qui sont encore en vous après les avoir refermés, qui vous interpellent et qui ne vous laissent pas indemne. On sent bien aussi, que pour l'auteure, l'acte d'écriture n'est pas anodin, il y a de la passion, du plaisir et de la souffrance à se montrer ainsi.

Malgré mes à-priori, doucement, l'auteure tisse sa toile, ou plutôt tricote son atmosphère, et ses deux personnages à peu près aussi écorchés vifs l'un que l'autre s'humanisent, ouvrent des portes.

Il y a de la rancune dans l'air, des comptes mal réglés, il faut y aller voir pour ne pas traîner avec toute sa vie, ne pas trop rester dans sa coquille.

Ce livre migrateur est venu ici par hasard, mina et lili m'ont dit "tu devrais le lire". Ce qui me rend en général grognon, chacun ses goûts en somme, pourtant il m'a touché.

Laurence Tardieu a touché aussi beaucoup de lectrices, ainsi sylvie dans paperblog, ICI,  voir aussi ce qu'elle dit d'elle même dans la "Maison des écrivains", ICI .

PS: Remords tardifs.

Ce livre se situe vraiment à l'extrême opposé, s'il y a une échelle, du premier tome de "Troie", laissé de côté pour quelques heures, univers hyper viril et violent, où à coup sûr les valeurs ne sont pas les mêmes.

Des conditions un peu particulières, donc, pour aborder le huis clos de Laurence Tardieu, où de plus la place des hommes n'est pas évidente. Je n'ai pas tout à fait rendu justice à ce cri, cette douleur partagée.