Montée à Montlouis, suite

La Yamaha YDS3

Yds3A l'époque, en 1972, cet engin, produit dans les années 64 à 66, était "vintage" avant l'heure. Rien de superflu, pas de clignotants, encore moins de frein à disque, juste une partie cycle très saine et un moteur généreux, au moins à partir de 4000 tours, parce qu'en dessous, il y avait un bruit rauque mais pas grand chose, et puis tout d'un coup le bruit devenait très sourd, "Ouuuf..." et ça poussait fort jusqu'à 7500 tours et plus.

Adler

Cette machine est une évolution de la 250 Adler, produite en Allemagne dans les années 50.

Née en 1880, la firme produisit des vélos, puis des vélos à moteur Sachs, puis des voitures vers 1900, et aussi des machines à écrire, et ainsi pendant 40 ans.

Dans l'immédiat après guerre sort un petit 60cc, en accord avec les limites posées par les armées d'occupation, bientôt suivi par un 100cc qui donnera naissance à un 200cc par accouplement des deux petits embiellages. On monte bientôt à 250cc, carré, (54 * 54 mm): en 54, la M250 à balayage Schnurle, sortait 12 ch à 5600 tours. Hélàs dès 1955 les ventes de motos déclinent.

Par la suite, en 57, des versions plus sportives révèlent ensuite d'excellentes possiblités en compétition, mais il est trop tard, le marché de la moto s'effondre en Allemagne à la fin des années 50, l'accès à une certaine prospérité signifiant le passage à la voiture. La vie est dure même pour les géants, NSU, BMW, et Adler est absorbée comme bien d'autres par le groupe WV.

ICI, un site documenté sur la marque Adler, mais en Anglais.

Ces mêmes cotes, 54*54 se retrouvent inchangées dans la Yamaha YD-1 de 1955, première version, et les suivantes. Comme chez Suzuki, le bloc moteur est simplement copié et un peu amélioré.

Yamaha

Fondée en 1887 sous le nom de Nippon Gakki, le firme produit à l'origine des instruments de musique. Son créateur, Torakusu Yamaha, "l'horloger musicien", s'était installé à Hamamatsu en 1880. Réputé pour sa minutie, il fut appelé pour réparer l'orgue de l'école, tombé en panne. Ce fut le point de départ de sa vocation de facteur d'orgues, à partir de 1887, puis d'autres instruments. Associé à Kawai, Yamaha produit à partir de 1889 orgues, harmoniums et pianos, d'où les trois diapasons croisés dans un cercle du logo Yamaha.

LogoYamahaAprès le décès du fondateur en 1916, l'entreprise connaît des années difficiles, puis est rachetée en 1926 par Kawamichi qui lui donne une nouvelle impulsion. Son fils reprend la firme en 1950, et lui donne le nom de Yamaha en hommage à son fondateur. Dans les années de reprise de l'après guerre, il décide de diversifier sa production.

Voir aussi ICI

La première moto, YA-1, dérivée de la RT 125 de DKW, sort en 1955.

Y signifie Yamaha, A 125 et 1 premier modèle. Cette moto a du succès et remporte tout de suite la course de côte du mont Asama, devant les Honda et Suzuki, ce qui lui fait une excellente publicité. Sa puissance passe ensuite de 5,5 ch à 6,8 et elle continue à s'illustrer en compétition.

En 1957, la YD-1, la première 250, sort avec le bicylindre Adler porté à 17 Ch, puis à 20 Ch sur la YDS-1. En 1957, la YD-1 rafle les trois premières places de la course du mont Asama, et pour faire bonne mesure cette année là, la marque remporte aussi les deux premières places en 125.

En 58, Yamaha figure dans plusieurs épreuves américaines, comme Daytona, et en 1960 au départ du Tourist Trophy de l'île de Man. La marque apparaît pour la première fois au championnat du monde moto en 61.

La DS-3 sort en 64, avec un nouveau frein avant, à double came, et surtout avec le système autolube, dispensant d'utiliser du mélange et permettant un meilleur dosage de l'huile en fonction de la charge. Les cylindres comportent 4 transferts, dont 2 en position arrière pour améliorer le balayage.

En 63, sur la RD56, Fumio Ito, pilote maison est 2ème au TT, ainsi qu'aux GP de Hollande et du Japon. Il offre sa première victoire à Yamaha en Grand Prix en Belgique, à Spa. Ces premiers succès vont permettre d'attirer des ténors dans l'équipe.

En 63, le Rhodhésien Phil Read finit 3ème au GP du Japon, et offre l'année suivante à Yamaha la première place au championnat du monde en 250, après une saison de duel avec l'américain Redman sur Honda. C'est le premier titre de champion du monde pour Phil Read, mais aussi pour Yamaha, c'est aussi la première fois qu'une marque Japonaise est championne du Monde, qui plus est sur deux temps.

Les choses ne s'arrêtent pas en si bon chemin, les marques japonaises vont dès lors dominer le marché et les grands prix à l'exception de la catégorie reine, les 500cc longtemps dominée sans partage par le multicylindre Italien MV et son pilote Giacomo Agostini.

Le Finlandais Saarinen fait une carrière éclair en 72-73. Les pilotes nordiques commencent à dominer aussi les Rallyes automobiles, de préférence sur la neige, la glace et autres terrains glissants.

Après la disparition de Saarinen, c'est l'arrivée en 1974 du "roi" Agostini, qui régnait jusque là en 500 sur la MV-Agusta, et va continuer chez Yamaha. En 74, la marque est championne du monde par marques en 125, 250, 350, et 500!

En championnat par pilotes, il y a Kent Andersson en 125 et Agostini en 350, tous deux sur Yamaha. Soulignons qu'à cette époque les 350 et même parfois les 250 se montraient plus rapides que les 500cc en circuit... alors que du temps des motos anglaises "classiques" les 350 constituaient une catégorie bâtarde, sortes de petites 500 avec la même partie cycle, donc aussi lourdes, ce fut au contraire les 500 qui devenaient de grosses 350...

Suzuki_T20Par exemple, Suzuki avait proposé en 68 la T500cc 2 temps qui était en fait une évolution de la rapide T20, 250cc 6 vitesses sortie en 67.

On voit ici la Suzuki T20.

yamaha_rd350Et la RD 350 Yamaha.

Pour moi, la DS3 fut une superbe machine, sans défaut majeur, suivie en 73 par la 350RD de la marque, plus puissante, plus souple, et silencieuse, avec frein à disque à l'avant. "RD" désignait les valves anti-reflux améliorant le remplissage à bas régimes. Comme la DS3, c'était une machine peu encombrante, maniable, qui mettait tout de suite à l'aise, et semblait pouvoir rouler indéfiniment, surtout avec les limitations de vitesses apparues en 73 avec la crise pétrolière.

Les côtes avalées sans effort, la vitesse était déterminée surtout par la visbilité de la route, les virages, le terrain. Malgré l'autonomie réduite (170 Km environ) les déplacements étaient toujours un plaisir.