Les naufragés du fol espoir

Création collective, Ariane Mnouchkine, Hélène Cixous, d'après Jules Verne

affichevignetteHier soir, circulation infernale pour aller voir le Théâtre du soleil, à la Cartoucherie de Vincennes! Presque la moitié de Paris à contourner en voiture, le soir, alors que des milliers de gens se tassaient au stade Charlety pour voir les "Bleus" prendre une claque devant le Mexique. Deux heures au pas et à touche touche pour atteindre la Cartoucherie, mais ça valait la peine.

Inspirée d'un roman posthume de Jules Vernes, "Les naufragés du Jonathan", (ici) sur une idée d'Ariane Mnouchkine, la pièce est donnée dans un cadre inhabituel, d'une élégance rustique, loin du théâtre conventionnel.

AmbianceVue de la scène à la fin de l'entr'acte.

C'est un spectacle dans le spectacle, racontant la vie d'une troupe essayant de tourner un film, car ce sont les débuts du cinéma, on voit les acteurs jouer en muet, avec les dialogues en sur-titrage, d'où une distanciation assez savoureuse, mais surtout on est dans l'urgence parce que c'est l'été 1914, un bel été mais dehors, le monde se précipite vers la catastrophe.

Decor_buvetteAmbiance du hall d'entrée avec une grande carte de la pointe extrême de l'amérique du sud où se passe l'action, dans une île n'appartenant encore à personne, pas loin du Cap Horn.

Cette pièce distille une certaine nostalgie, comme toutes celles situées dans le bel été 1914. C'est "une pièce dans la pièce", on y voit les occasions ratées de la fraternité, et, dans la troupe, l'attente de la catastrophe. L'europe court joyeusement au suicide.

L'engagement, la disponibilité et la précarité de de la troupe sur la scène sont sans doute aussi le lot de l'équipe qu'on voit se dépenser sans compter et qu'on retrouve à l'entracte, proche du public et encore de service à la buvette.

Merci encore, et bravo!