Quand les ténèbres viendront / Isaac Asimov / Présence du Futur, Denoël

Publiée pour la première fois dans "Astounding Science Fiction" en 1941.

TenebresAsimov, né en Russie en 1920 puis ayant émigré avec ses parents à l'âge de 3 ans, est surtout connu pour les séries "Fondation" et "Les Robots"; il a été très prolifique, publiant des nouvelles, des romans et des ouvrages de vulgarisation scientifique.

Il est pour beaucoup dans l'adoption de conventions par la plupart des écrivains de science fiction, pour la description du futur, énergie disponible et abondante, la possibilité de voyages rapides et lointains, et comportement fiable des machines défini par les fameuses "Lois de la Robotique".

Cette nouvelle assez courte, 54 pages pour quelques heures, décrit un scénario de fin du monde fondé sur une hypothèse simple: sur une planète entourée par 6 soleils, il y a toujours de la lumière. L'hypothèse d'une période d'obscurité complète, où de plus on pourrait voir des étoiles, est extrêmement improbable.

Certains pensent que l'histoire est cyclique, se répétant tous les 2049 ans, l'humanité régresse peut-être à chaque fois, créant des incendies faute de pouvoir supporter l'obscurité.

Tout se précipite car c'est pour ce soir... l'éclipse commence.

L'intéressant est ici l'étude des comportements devant l'impensable, surtout chez les scientifiques et les religieux. Après coup, cette lecture laisse une curieuse impression, elle fait réfléchir.

Il est possible qu'Asimov se soit inspiré du "coup" médiatique célèbre d'Orson Welles. A 23 ans, le 30 octobre 1938, il a fait une adaptation radiophonique de la "Guerre des Mondes" de H. G. Wells tellement réaliste qu'elle a semé la panique aux nord des Etats-Unis, faisant croire à l'inasion de la terre par les Martiens. Ce fut le chaos dans New York, et des troupes nombreuses mais en permission dans le port ont même rappelées pour défendre la patrie... (cf Wikipedia)

Defi_SF

En tous cas ces deux personnages ont vu leur carrière démarrer très vite après ces exploits.

Hergé lui-même a eu recours à une éclipse dans "Le temple du soleil" en 1946 dans le journal de Tintin.